Romains 5.1-11

Retrouvez ce message au format PDF.

Jésus est ressuscité. Il est réellement ressuscité ! Cela change tout, car, comme l’apôtre Paul l’a si clairement souligné en 1 Cor 15.14, « si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine ». Mais, comme il l’affirme un peu plus loin, au v.20 : « Mais maintenant, Christ est ressuscité d’entre les morts, il est les prémices de ceux qui sont décédés ». Le tombeau vide est l’appui essentiel de la réalité de la foi chrétienne. Si quelqu’un veut savoir si notre foi vaut la peine, tout tient ou tombe avec la résurrection de Jésus.

Ce matin, je ne compte cependant pas aborder, une fois de plus, toutes les raisons pour croire en la résurrection du Seigneur. Je souligne simplement qu’il y a peu d’événements dans l’histoire de ce monde qui sont aussi bien documentés et vérifiés que le tombeau vide, le premier dimanche de Pâques. Je pense qu’il nous est encore plus bénéfique, ce matin, de considérer ce que la mort et la résurrection ont réellement changé dans notre relation avec Dieu, car, trop souvent, tout en nous appelant chrétiens, nous ne vivons pas dans la réalité de la résurrection de Jésus-Christ !

Même si le vocabulaire peut sembler un peu trop théologique dans Romains 5, il y a beaucoup de vérités très concrètes. Soulignons, ce matin, ce que notre théologie change – ou devrait changer – dans notre manière de vivre ! Commençons donc, en nous concentrant sur Rom 5.6-11. Connaissez-vous quelqu’un qui accepterait de donner sa vie pour vous sauver ? Lorsque j’étais encore au lycée, c’était à la mode de demander à ceux qu’on considérait comme ses amis d’emprunter une somme d’argent assez importante. Mais ce n’était pas parce qu’il y avait besoin de l’argent. C’était pour « tester » qui était ses véritables amis. Et, aujourd’hui, vous savez qui sont les quelques personnes sur lesquelles vous pouvez réellement compter, pour emprunter, ou pour vous aider dans d’autres genres de difficultés. Mais la perspective biblique pousse encore plus loin – qui, parmi nos amis, serait prêt à donner sa vie pour nous permettre de vivre ? Si je tourne la question dans l’autre sens, êtes-vous prêts à donner votre vie pour quelqu’un d’autre ? Peut-être certains parents diraient qu’ils sont prêts à mourir si cela pouvait sauver leur enfant. Mais même là, c’est plutôt rare.

Mais c’est exactement cela, ce que Jésus a fait pour nous, lorsqu’il est mort sur la croix. Certains appellent ce passage le « chapitre des « à plus forte raison ». Dans tout le chapitre, nous trouvons cette expression ou son équivalent au moins 7 fois, entre les versets 5 et 20. Et  3 des sept fois se trouvent aux v.9-11. La logique et l’œuvre de Christ aux v.6-8 préparent les « à plus forte raison » des versets 9-11. Paul utilise ici donc cette technique de rhétorique et de logique, que, si une chose très importante est vraie, alors, une chose moindre qui en dépend doit forcément être vraie également. Ou, comme on dit assez souvent, « qui peut le plus peut le moins » !

Dieu qu’a-t-il fait de plus, entre le vendredi saint et le dimanche de Pâques ? Considérons les propositions de ce passage, dans leur ordre, pour non seulement fortifier notre foi, mais afin de nous permettre de vivre pleinement la puissance de la résurrection, ce matin, et dans notre propre vie, tous les jours !

Nous lisons, en Rom 5.6 : « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies ». La logique voudrait que l’on intervienne lorsque quelqu’un de bien est injustement accusé ou condamné. On s’indigne lorsque la justice est fourvoyée et qu’un innocent est condamné. Mais qu’a fait Dieu, en envoyant Jésus dans le monde, et que représente réellement sa mort sur la croix ? Jésus, le fils de Dieu, le seul homme qui ait jamais vécu sur cette terre dont personne n’a pu accuser de péché, est, lui, mort sur la croix. Et comme Paul le souligne ici, il est mort, non pas pour des « justes », mais « pour des impies » ! La préposition « pour » dans cette phrase ne veut pas dire seulement « en faveur de », mais, plus encore « à la place de » ! Jésus à pris la place, pour subir, lui, toutes les conséquences de la juste colère de Dieu. Le v.7 souligne bien cela, affirmant que peu de personnes osent s’interposer, prendre la place et donner leur vie, même pour quelqu’un de juste. Mais, au v.8, l’affirmation qui permet ensuite de souligner les « à plus forte raison », c’est la preuve véritable de l’amour de Dieu pour nous : « lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous ».

De l’expression générale, impersonnelle « des impies », cela passe à nous inclure : « lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous ». Que nous croyons en Jésus ou non, que nous l’aimons ou que nous le détestons, cela ne change rien dans ce qu’il est venu faire, dans ce qu’il a réellement accompli. Comme l’apôtre Jean l’a écrit en 1 Jean 2.2, « Il est lui-même victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

Vous savez, probablement, qu’au premier siècle, on clouait au-dessus de la tête de ceux qui étaient crucifiés l’acte d’accusation contre eux, pour que tous sachent pour quelle raison ils étaient ainsi condamnés à mort. Si Pilate a écrit « Jésus, le roi des Juifs », sa mort avait aussi une importance dans une autre dimension, devant Dieu le Père. Et comme nous le lisons en Col 2.14 l’apôtre Paul souligne que, par la mort de Jésus sur la croix, Dieu « a effacé l’acte rédigé contre nous et dont les dispositions nous étaient contraires ; il l’a supprimé, en le clouant à la croix ».

Arrêtons-nous quelques instants pour bien comprendre « comment ça marche », si je puis dire. Parce que Jésus est mort sur la croix, à partir du moment où quelqu’un croit en lui, tous ses péchés ont été pardonnés, il n’y a plus rien que Dieu puisse retenir contre nous. Dieu n’est pas un « grand-père gâteux », qui pardonne sans raison, il ne peut être injuste, pour ne pas juger ce qui mérite une juste condamnation. Mais la mort de Jésus, puisqu’il a choisi, librement et volontairement de prendre notre place devant la juste condamnation du péché par Dieu, nous a justifiés. Le mot « justifier » signifie « déclarer juste ». C’est un décret légal. Christ est mort, portant sur lui l’acte d’accusation contre nous.

Il est impossible de minimiser la place du sang, l’exigence de la mort de quelqu’un pour subir la juste condamnation du péché. Depuis le début de la création, la justice de Dieu exige la mort du coupable – son sang – ce qui est une métonymie pour la mort de la personne en entier, et ce qui était le symbole, par tous les sacrifices, que, pour que l’homme vive, il fallait que quelqu’un d’autre, ou quelque chose d’autre meure. Si Dieu n’est pas réellement juste, il ne mérite pas d’être adoré comme Dieu ! C’est exactement le résumé, et le message essentiel sur l’œuvre de Jésus que nous lisons en Rom 3.23-26 : « Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. Parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant au temps de sa patience, il a voulu montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être reconnu juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus ».

Ainsi, la Bible utilise des termes juridiques pour expliquer la mort de Jésus sur la croix. Ceux qui croient en lui, en ce qu’il a fait, et qui il est, sont justifiés, c’est-à-dire, déclarés justes devant Dieu, sans accusation contre eux. Cela peut se faire, par la rédemption, mot qui signifie « rachat » dans son sens le plus profond, et qui libère donc ceux qui étaient prisonniers. Dans ce sens précis, prisonniers du péché, incapables de faire autrement, et prisonniers du Diable, justement par le péché. Et la mort de Jésus sur la croix, c’est ce qui a expié nos péchés. C’est-à-dire, il a fallu la condamnation du péché, la mort d’un « coupable ». Et Jésus a pu se présenter devant Dieu, sans péché dans sa propre vie, ce qui a permis qu’il puisse prendre notre place. Ainsi, il était capable, lui, de porter les péchés du monde entier, parce qu’il était également le Fils de Dieu.

Parce que Jésus est mort, et bien plus, parce qu’il est ressuscité d’entre les morts, ce qui prouve la réalité de ses paroles, de ses promesses, de son identité, et donc aussi la réalité de notre pardon, notre paix avec Dieu, considérons, dans l’ordre, les « à plus forte raison », ce que nous recevons en plus et au-delà du pardon des péchés, dans les v.9-11.

La première « à plus forte raison », c’est justement l’assurance de notre salut, la certitude de posséder la vie éternelle. Comme nous venons de le voir, nous avons été déclarés justes devant Dieu, qu’il n’y a plus aucune condamnation, aucune accusation contre nous, parce que Jésus a déjà pris sur lui la condamnation de tous nos péchés, et que Dieu ne nous voit plus qu’à travers son fils. Qu’est-ce que nous recevons en plus ? Justement, si Jésus est mort pour nous, à notre place, lorsque nous étions pécheurs, alors, nous n’avons aucun souci à nous faire quant à notre salut. Il n’y aura pas de « filtre » aux portes du ciel, pour nous demander ce que nous avons fait, il n’y a rien de plus à faire. Lorsque nous nous présenterons, nous portons le nom de Christ sur nous, et l’accès est libre, jusque dans la présence de Dieu le Père. Nous avons été sauvés – définitivement  et éternellement – et nous ne risquons plus de tomber sous la juste colère de Dieu, et de son jugement. Comme nous le lisons en  1 Thess 5.9 : « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ ». Dieu le père ne reviendra pas en arrière, parce que Christ est mort pour nous !

Au v.10, Paul rajoute un élément supplémentaire. Si, lorsque nous étions ennemis de Dieu, la mort de son Fils nous a réconciliés avec le Père et nous a donné la paix avec Dieu, à plus forte raison, ayant déjà été pardonnés par sa mort, nous serons sauvés par sa vie ! Jésus est ressuscité, pour ne plus mourir. Notre salut ne dépend pas de notre choix, de notre volonté, de nos progrès dans la foi. Jésus ressuscité, et qui vit éternellement, est le garant définitif de notre salut. Si sa mort a suffi pour nous sauver, que nous apporte, en plus, le fait qu’il vit éternellement ? Tout d’abord, nous lisons qu’il est toujours vivant pour intercéder pour nous auprès du Père. Lisons rapidement juste deux passages. D’abord Hébr 7.23-25 : « De plus, ces sacrificateurs ont existé en grand nombre, parce que la mort les empêchait d’être permanents ; mais lui, Jésus, parce qu’il demeure éternellement, possède le sacerdoce non transmissible. C’est pour cela aussi qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur ». Puis, Rom 8.33-34 : « Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie. Qui les condamnera ? Le Christ-Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité. Il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous » !

Mais allons encore plus loin dans ce que Dieu fait dans nos vies. C’est Christ, littéralement, qui est notre vie, qui nous fait vivre, car, dès le moment que nous avons cru, nous avons reçu de lui la vie éternelle, qui en fait, est sa propre vie en nous. Que signifie réellement le fait d’être sauvés par sa vie ? Il ne s’agit pas de la manière dont Jésus a vécu il y a environ 2 000 ans. Nous sommes sauvés, parce que Jésus vit en nous, nous qui avons cru en lui ! Le chrétien ne cherche pas à imiter Jésus, autant qu’il le « laisse vivre » à travers nous, par la présence du Saint-Esprit en nous, et les transformations qu’il opère, jusqu’à nous rendre semblable à Jésus lui-même, lorsque nous le verrons face à face. La vie chrétienne véritable, ce n’est pas le fait d’observer des rites et des rituels, ni une longue liste de commandements, mais tout simplement de vivre, parce que Christ vit en nous, et ainsi, il nous rend capables de glorifier Dieu dans nos vies aussi !

Terminons par le dernier « plus encore », que nous trouvons en Rom 5.11 : « Plus encore, nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation ». Puisque Dieu a accompli l’œuvre « impossible » de rendre justes des pécheurs faibles et rebelles, qu’il nous a sauvés de sa colère par la mort de Christ, nous donnant la vie éternelle par sa vie, nous arrivons, dans ces vérités, à l’aboutissement de l’œuvre de Christ. Il y a deux éléments. Nous avons reçu la réconciliation. Nous ne sommes plus des rebelles, des ennemis, ni des « fils prodigues », mais en Jésus-Christ Dieu nous a pleinement intégrés à sa maison, à sa famille, il nous a donné l’adoption et nous sommes devenus héritiers avec Jésus-Christ de toutes les richesses de la gloire de Dieu.

Où en sommes-nous, chacun, ce matin ? En résumé, Dieu nous dit : « Lorsque nous n’aimions pas Dieu, il nous a aimés ; lorsque nous étions pécheurs et ennemis, il nous a donné son Fils, et en lui, par sa mort, il nous a pardonnés, il nous a justifiés, et maintenant, par sa grâce, et parce que Jésus vit éternellement, nous sommes sauvés, réconciliés avec le Père, pour le glorifier, par la vie éternelle qu’il  nous a accordé, en Jésus-Christ. Celui qui est mort à notre place, ne laissera pas son œuvre incomplète.

Il est mort, ressuscité, il est monté aux cieux, et il ne nous laissera pas dans le tombeau, mais nous ressusciterons avec lui, nous vivons en lui et par lui, éternellement ! Alors, nous pouvons être sûrs, comme nous le lisons plus loin, en Rom 8.1 qu’il « n’y a donc plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ Jésus ». Le salut est déjà accompli, nous avons la certitude de la vie éternelle, il n’y a plus à nous poser la question de savoir si Dieu va nous accepter – car c’est déjà fait, en la mort de Jésus sur la croix. Comment lui répondre ? Par la foi, mais aussi, par une vie qui le glorifie ! Je vous laisse comme conclusion la logique de Paul en 2 Cor 5.14-15, qui est aussi la logique et la réponse de notre amour en retour : « Car l’amour du Christ nous étreint, nous qui avons discerné ceci : un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ; il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux ».

Christ est ressuscité. Il est réellement ressuscité. Et parce qu’il vit, nous vivons, éternellement. Gloire à Dieu, en Jésus-Christ, notre Seigneur !

Laisser un commentaire