Ephésiens 4.1-16 : L’unité dans la diversité

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Laissez-moi commencer le message d’aujourd’hui par quelques questions volontairement provocatrices, qui vont peut-être vous sembler bien éloignées du texte que nous venons de lire mais qui ne sont finalement pas sans rapport.

 Comment avez-vous perçu et vécu la façon dont nos frères et soeurs africains ont animé la louange il y a quelques dimanches en arrière ? Avez-vous aimé leur façon de faire ? L’approche était assez différente de nos habitudes n’est-ce-pas ?

Vous sentiez-vous suffisamment à l’aise pour aller les rejoindre et danser avec eux ? Avez-vous au contraire été choqué qu’ils puissent oser danser dans une église ? Peut-être vous êtes-vous dit secrètement qu’on ne peut pas danser dans la maison de Dieu, que l’endroit est trop solennel pour que des hommes puissent s’y comporter de cette manière ? C’est une façon de raisonner qui peut paraître logique pour un occidental. Peut-être avez-vous au contraire pensé que nous étions bien tristes, nous occidentaux, de ne pas louer Dieu avec une telle ferveur et que ce type de louange devrait être la norme dans nos églises ? Mais qu’en dit la parole de Dieu ?

 Pas grand-chose en fait et ce qui en est dit ne condamne en tout cas pas le fait de danser pour Dieu, ni ne l’encourage d’ailleurs. Vous connaissez certainement l’histoire du roi David qui dansait de joie devant l’arche d’alliance lors de son entrée à Jérusalem attirant sur lui le mépris de la fille de Saül, Mikal, femme de David (1 Sam 6.16) qui considérait qu’il n’était pas digne d’un roi de danser devant le peuple. Mais David avait déjà compris et appliquait un principe que l’apôtre Paul rappellera bien des années plus tard aux Corinthiens : 1 Corinthiens 10:31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.

 Rien n’est donc dit dans la parole sur le fait que l’on doive ou non danser pendant la louange. Il est d’ailleurs important de noter que ce que le nouveau testament nous apprend sur la façon de mener un culte chrétien concerne plus l’état du coeur de ceux qui y participent que la façon précise dont cela doit se dérouler.

 En cela, nos frères et soeurs africains se sont donc comportés de façon tout à fait conforme à ce que la parole de Dieu enseigne. Alex, ma femme, qui a été invitée à danser avec eux, me confiait que, pendant qu’elle dansait, Adam lui disait, pour la mettre à l’aise : « c’est pour Dieu que tu danses, pas pour les hommes !». Leur danse n’était pas une façon de se donner en spectable mais bien leur manière de manifester leur joie et leur reconnaissance d’être dans la présence de Dieu au milieu de leurs frères et soeurs et tout cela pour la gloire du seigneur.

 Il s’agit donc plus là d’une question d’ordre culturel que théologique.

 Ce qui compte dans ce type de question est que les chrétiens doivent apprendre, comme le dit le verset 2 du passage que nous venons de lire à se supporter les uns les autres avec amour, quelles que soient leurs divergences culturelles. Alex me faisait d’ailleurs très justement remarqué qu’il était très aimant de la part de nos frères et soeurs africains de supporter notre manière à nous de louer Dieu eu égard à leurs habitudes culturelles dans ce domaine.

 Bien sûr l’exhortation de Paul à se supporter les uns les autres avec amour ne concerne pas que que le cadre de la louange, il concerne tous les aspects de la vie communautaire chrétienne. Et, ce que l’on peut remarquer, c’est que les chrétiens ont parfois tendance à confondre ce que leurs habitudes leur ont appris et ce que la parole nous enseigne.

 On constate d’ailleurs que dès son commencement l’église a connu des problèmes similaires notamment avec les premiers chrétiens juifs qui ont eu du mal à accepter que des païens puissent être intégrés à l’église, à être par conséquent mêlés au peuple élu pour vouer ensemble un culte au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Leur héritage culturel permettait difficilement aux Juifs d’envisager une telle évolution dans leurs habitudes. Mais c’était pourtant bien le plan que Dieu avait prévu et on le trouve annoncé à plusieurs endroits dans la parole. Lisons en Genèse 18:18: Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre.

Esaïe 52:10 L’Eternel découvre le bras de sa sainteté, Aux yeux de toutes les nations; Et toutes les extrémités de la terre verront Le salut de notre Dieu.

Psaumes 86:9 Toutes les nations que tu as faites viendront Se prosterner devant ta face, Seigneur, Et rendre gloire à ton nom.

Les juifs connaissaient ces citations toutes issues de la bible hébraïque, l’ancien testament, mais leurs habitudes et leur façon de considérer les païens les empêchaient de comprendre le plan de Dieu. Le plus paradoxal est que cette conception qu’ils avaient des païens leur venait de la parole de Dieu elle-même mais ils avaient oublié de considérer cette parole dans son ensemble pour ne s’attacher à respecter que certaines traditions au lieu de s’attacher à comprendre le sens du message de Dieu pour les hommes.

 La notion de perspective est donc essentielle dans l’approche que nous avons de ce qu’est véritablement l’église et ceux qui la composent.

Afin d’affiner ou de renouveler notre perspective de l’église, nous allons donc aborder dans un premier temps 2 notions fondamentales qui nous permettront de mieux comprendre ce que représente l’église et ceux qui la composent aux yeux de Dieu. Nous verrons dans une deuxième partie en quoi cette perspective nous permet de mieux considérer la vocation à laquelle Dieu nous appelle avec ce que cela implique sur le plan de notre unité. Puis nous verrons quelles sont les questions essentielles sur lesquelles les chrétiens doivent manifester leur unité.

 I. DEUX NOTIONS FONDAMENTALES DE CE QUE REPRESENTE L’EGLISE AUX YEUX DE DIEU

 Je pense qu’une des raisons principales pour lesquelles les hommes se déchirent au sein même des églises vient du fait qu’ils n’ont pas véritablement compris ce qu’est l’église. Si nous affirmons que l’église se résume à l’ensemble des personnes sauvées par la foi en Christ, nous affirmons quelque chose de juste mais toute la grandeur et la beauté de ce que cela représente sur un plan spirituel nous échappe et peut nous conduire à ne pas concevoir de manière appropriée ce qu’elle représente réellement spirituellement aux yeux de Dieu.

Il est d’ailleurs important de noter que si l’Eglise avec un grand E qui est l’édifice spirituel composé de toutes les personnes sauvées par la foi en Christ n’est pas visible dans son intégralité sur cette terre, nos églises locales en sont néanmoins la partie visible et doivent donc tout faire pour en manifester les vertus.

 En lisant l’épître aux Ephésiens dans son ensemble, nous remarquons que l’apôtre Paul aborde cette question très importante avant d’aborder les questions relatives à l’unité que nous étudions aujourd’hui. Alors qu’en dit Paul et retenons 2 points qui me semblent fondamentaux.

 1. l’ensemble des créatures célestes reconnaît que l’église est l’expression même de la sagesse de Dieu. Lisons en Eph 3:8 A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ,

9 et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses,

10 afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd’hui par l’Eglise la sagesse infiniment variée de Dieu,

 Paul nous explique que l’église est un mystère caché de tout temps, que Dieu a révélé afin de manifester sa sagesse à toutes les créatures célestes qui l’environnent. Ceci sous-entend que Dieu est acclamé dans les cieux pour la sagesse de cette réalisation. Cela dépasse donc largement notre cadre terrestre et la représentation parfois un peu étriquée que nous pouvons avoir de l’église.

 Nous sommes tellement habitués à ce que l’église existe, que nous pouvons être amenés à considérer cela comme quelque chose de normal voire de banal. Et pourtant, tous les anges qui ont assisté à la création du monde et de l’homme jusqu’à sa chute devaient se demander depuis longtemps comment Dieu arriverait à sauver quelque chose de ce qui pouvait ressembler à un immense gâchis. Et Dieu a envoyé son fils pour racheter les péchés des hommes et pour (Eph 1:7) réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. Cela peut paraître également banal tellement nous l’avons entendu mais qui aurait pu imaginer un plan aussi beau et conciliant aussi parfaitement la justice de Dieu et son amour à l’égard des hommes avant qu’il ne soit manifesté ? Personne n’aurait pu concevoir ce plan de rédemption, pas même les anges eux-mêmes et cela a forcé leur admiration envers le tout puissant. Il est important de conserver cette perspective glorieuse.

 2. La deuxième chose que nous pouvons également oublié est pourquoi Dieu a créé l’église ? Lisons : Eph 1:11 En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté,

12 afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ.

Afin que nous servions à la louange de sa gloire. Depuis la création du monde, Dieu a souhaité dans sa grand sagesse, avoir une relation personnelle et intime avec tous les hommes afin que ces-derniers reconnaissent sa grandeur et sa majesté, par ce qu’il leur révèle de lui, et qu’il l’aiment et le célèbrent comme Dieu seul doit être aimé et célébré. C’est précisément ce que l’homme n’a pas fait dès le commencement et l’homme s’est même privé par ses désobéissances de pouvoir le faire, devenant par là-même inapte spirituellement à rentrer dans la présence de Dieu et rebelle à l’idée que cela puisse être possible de mener une telle vie. Mais Dieu, de son côté, n’a pas oublié ses promesses et a donné à l’humanité, à travers Christ et par extension à travers l’église, une deuxième chance de pouvoir manifester ce pour quoi elle a été créée : servir à la louange de la gloire de Dieu.

 Sans détailler davantage ce que cette épître nous enseigne sur l’église et en considérant simplement ces 2 points que nous venons d’aborder, gardons-nous réellement et suffisamment à l’esprit ces notions fondamentales pour considérer de façon conséquente ce qu’est l’église ou sommes nous trop imprégnés de l’esprit du monde pour considérer que l’église n’est finalement que l’endroit où les chrétiens se réunissent pour pratiquer diverses activités religieuses ? C’est malheureusement la conception qu’ont beaucoup de chrétiens. Ils pensent notamment que l’église leur appartient. Vous conviendrez que ce type de conception favorise grandement l’apparition de conflits entre chrétiens car si chaque chrétien estime que l’église lui appartient, il va inéluctablement chercher à la faire fonctionner selon sa culture, ses traditions… mais comme l’église est composée de personnes issues de toute race et de toute nation, et donc avec des cultures et des traditions différentes, vous voyez tout de suite quel type de problème cela peut générer.

L’église n’appartient pas aux chrétiens, les chrétiens sont l’église qui est le corps de Christ, c’est-à-dire un édifice spirituel à la gloire du Dieu très haut. Je suis fermement convaincu que si les chrétiens gardaient à l’esprit cette conception de ce qu’est réellement l’église, ils auraient beaucoup moins de disputes et de divisions et le témoignage et l’influence des chrétiens dans ce monde en seraient profondément changés comme le soulignent ces paroles de Jésus : Jean 13:34 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. 35 A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. 

Le monde reconnaîtra que nous sommes les disciples de Christ si nous avons de l’amour les uns pour les autres. Dans un tel contexte, on comprend mieux pourquoi Paul encourage les éphésiens à marcher d’une façon digne de leur vocation. 

II. LA VOCATION DU CHRETIEN 

Revenons justement à notre passage et relisons les 3 premiers versets : Eph 4:1 ¶ Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée,

2 ¶ en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour,

3 en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. 

Beau programme n’est-ce-pas ? Paul nous invite à nous comporter comme ce que nous sommes réellement devenus en Christ : des saints. C’est une notion que nous oublions trop vite car nos vies ne reflètent pas toujours cette caractéristique fondamentale du chrétien : la sainteté. Comme vous le savez certainement déjà, dire que le chrétien est saint ne signifie pas que le chrétien est meilleur que les autres mais qu’il a été mis à part par Dieu (c’est le sens réel du mot saint).

Mais mis à part pour quoi ? Comme nous l’avons vu tout à l’heure, pour célébrer sa gloire. C’est là notre vocation, notre devoir, notre raison d’être : comme le dit Paul aux Corinthiens : 2 Corinthiens 5:17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Et en tant que nouvelle créature, nous devons donc nous comporter comme ce que notre nouveau statut implique.  

Alors qu’implique ce nouveau statut au niveau de notre comportement les uns vis à vis des autres ? Paul nous cite 3 qualités morales à rechercher et que nous allons détailler pour en comprendre le sens :

1ère qualité : l’humilité : c’est la conscience que nous avons de notre petitesse morale. Si nous avons été rachetés par la foi en Christ, c’est parce que nous sommes nous aussi des pécheurs, nous avons besoin de nous en souvenir quotidiennement. L’humilité ne consiste donc pas à dire du mal de soi en public mais de considérer objectivement ce que nous sommes devant Dieu et d’en conclure logiquement que nous sommes naturellement mauvais et incapables de faire le bien par nous-mêmes. Pour cela, nous avons besoin que Dieu nous éclaire sur la réalité de notre caractère et de nos comportements. Et cela nous positionne bien sûr différemment dans notre façon de considérer les autres et de veiller sur eux. Jésus lui-même « s’est humilié » pour abandonner la gloire de sa divinité, devenir un simple homme et aller jusqu’à la croix mais il est pourtant resté Dieu tout au long. L’humilité est donc bien un choix de comportement, pas une « déclaration de valeur ». 

2ème qualité : la douceur c’est-à-dire la gentillesse, l’amabilité. Pas seulement avec les frères et soeurs qui nous aiment ou qui nous sont naturellement et spontanément agréables mais aussi avec ceux avec lequels nous n’avons pas d’atomes crochus, avec ceux qui ont mauvais caractère, avec ceux qui nous ont trahis…je vous laisse continuer votre liste personnelle. 

La 3ème qualité citée par Paul est la patience qui englobe des notions d’endurance, de constance, de persévérance mais aussi de lenteur à venger les fautes : Paul ne parle donc pas ici que de notre capacité à attendre sans nous énerver mais aussi de notre capacité à pardonner, à attendre avec confiance que Dieu agisse. Sans en dire davantage, on remarque que cela va beaucoup plus loin dans ce que nous Paul nous demande de témoigner à nos frères et soeurs dans la foi…  

C’est donc la manifestation de ces qualités qui va permettre aux chrétiens de se supporter les uns les autres et de s’efforcer de conserver l’unité de l’Esprit. Il est intéressant de noter que les termes utilisés par Paul (se supporter et s’efforcer) impliquent l’idée que cela n’est pas naturel à l’homme et que cela nécessite donc un effort.

Le monde dans lequel nous vivons nous invite à ne pas nous forcer en prétendant que si nous nous forçons, c’est que nous ne sommes pas sincères et que dans ce cas, il vaut mieux ne rien faire car ce serait être hypocrite. Mais ce point de vue occulte une réalité spirituelle que Paul nous explique dans l’épitre aux : Galates 5:17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. 

Si nous voulons donc faire ce que notre esprit sait être bon par ce que la parole de Dieu nous en apprend, un combat intérieur va donc se jouer et un effort sera obligatoire pour que nous mettions en pratique ce que nous avons résolu. Ce n’est pas de l’hypocrisie si nous avons conscience qu’une partie de nous-mêmes refuse de faire ce qui est bon mais que nous décidons néanmoins de le faire en dépit de nos sentiments ou de nos envies mais en vertu de nos convictions et de ce que nous sommes en devenus en Christ. Nous faisons parce que nous sommes pas parce que nous sommes obligés de faire. 

Si vous êtes parent, vous savez qu’il n’est pas forcément naturel d’avoir toujours envie de s’occuper de ses enfants. Nous sommes parfois fatigués et n’en avons pas le courage ni l’envie mais nous le faisons parce que nous sommes leurs seuls parents et que nous savons que cela est nécessaire pour qu’ils grandissent correctement. Bien que n’en ayant pas envie, nous le faisons par amour pour eux : ce n’est pas là de l’hypocrisie.  

Car c’est bien l’amour qui est le ciment de toute la vie chrétienne. A 3 reprises dans ce passage, Paul exhorte les chrétiens à se manifester de l’amour les uns envers les autres.  

Au verset 3 : supportez-vous les uns les autres avec amour. Cela nous parle, comme nous venons de le préciser, de tous les efforts que cela recquiert pour forcer notre nature égoïste à accepter que les autres soient différents de nous. C’est finalement cela se supporter. C’est accepter que les autres soient différents dans leur manière d’être, de vivre, de s’habiller, de louer Dieu… Nous avons tous nos critères de valeur dans ces domaines et nous avons tous une tendance naturelle à penser que nos critères sont les meilleurs, parfois à raison et parfois à tort. Ce que Paul nous dit là c’est que malgré nos convictions et nos critères de jugement, il convient de considérer aussi ceux des autres et d’accepter que ces-derniers les manifestent dans ce qu’ils sont. C’est accueillir notre frère ou notre soeur pour ce qu’il est aux yeux de Dieu : un être précieux qui a besoin d’être aimé. 

Au verset 15, il invite les éphésiens à se dire la vérité avec amour. Les humains sont toujours prêts à dire la vérité surtout lorsqu’elle concerne à les erreurs des autres… mais l’amour manque souvent dans l’expression de la vérité. Réfléchissons-nous à la manière dont nous allons parler à un un frère ou une soeur pour le ou la reprendre si sa manière de vivre le nécessite ? Prenons-nous le temps de prier pour demander à Dieu de nous donner toute la compassion nécessaire qui nous permette de lui dire la vérité avec amour ? 

Et au verset 16, il aborde la question de l’édification du corps de Christ qui doit se dérouler dans l’amour. Comment le Dieu d’amour pourrait-il souhaiter que l’église ne soit pas composée de membres qui s’aiment les uns les autres ? Imaginons un instant que les membres de notre propre corps ne puissent pas se supporter les uns les autres. Nous serions sérieusement handicapés n’est-ce-pas ? Impaginez que vos bras décident de ne plus collaborer avec vos mains dans toutes les situations que la vie courante nécessite comme collaboration entre eux. Nous serions vite amenés à déperrir si tous nos membres se mettaient à se faire la guerre. Et les conséquences sont identiques dans l’église. Lorsque ses membres ne s’aiment pas au point de ne plus collaborer les uns avec les autres, l’église est incapable de s’édifier et ne peut que s’affaiblir spirituellement. 

III. L’UNITE DANS L’EGLISE 

Dieu nous invite donc, par amour pour lui et pour les autres, à compter sur sa grâce pour fournir tous les efforts nécessaires afin que l’église conserve son unité.

Beaucoup de gens et mêmes de chrétiens se trompent sur ce qu’est l’unité. Cela implique-t-il que Dieu attende de ses enfants qu’ils deviennent tous des clônes les uns des autres ? 

Tout le développement qui suit, des versets 4 à 13, nous explique ce qu’est la véritable unité. Pour Dieu l’unité n’implique pas l’uniformité. Il serait d’ailleurs extrêmement cruel de sa part de nous avoir créés tous si différents pour nous demander de devenir tous identiques dans tous les domaines de notre vie.  

Ce que Paul veut nous faire comprendre dans les versets 5 et 6, ce sont les points essentiels sur lesquels les croyants doivent s’attacher à être unis. Et ce qui unit véritablement les chrétiens se résume finalement en 3 critères indissociables les uns des autres.

Le chrétien est donc celui qui croit qu’il y a un seul seigneur traduction possible : un seul propriétaire : nos vies, de même que l’église appartiennent à Dieu seul car c’est lui qui nous a créés.

Le chrétien est celui qui croit qu’il y a une seule foi : beaucoup de personnes qui ont conscience que Dieu puisse exister pensent avoir la foi mais la foi n’est pas une vague idée que Dieu puisse exister. D’après Romains 10:17 Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu. La foi vient donc de la parole de Dieu. Ce n’est pas quelque chose que l’on décrète ou que l’on invente mais c’est la réponse de notre volonté à ce que la parole de Dieu nous apprend. C’est donc cette foi là qui doit être unique chez tous les chrétiens avec l’humilité qui consiste à considérer que nous ne connaissons pas tout et ne comprenons pas encore forcément tout de la parole et de ce qu’elle révèle de Dieu et des hommes. 

Enfin, le chrétien est celui qui croit qu’il y a un seul Dieu : quel est ce Dieu que la bible nous décrit ? Ce Dieu est le Dieu créateur de l’univers et de tout ce qui existe : il est donc notre père à tous. C’est le Dieu qui a créé Adam à son image et qui lui a donné sa femme Eve. C’est le Dieu qui a également traiter des alliances avec Abraham, Isaac et Jacob et qui a fait d’Israël son peuple. C’est le Dieu qui a envoyé son fils Jésus-Christ sur terre, parfaitement Dieu lui-même et parfaitement homme puisque né d’une femme elle-même issue du peuple d’Israël. C’est enfin le Dieu qui a permis et voulu que son fils soit mis à mort sur la croix puis ressucité pour racheter tous les péchés d’Israël mais aussi de l’ensemble de l’humanité et afin que quiconque croit cela ait la vie éternelle.  

Tout autre dieu qui ne répondrait pas à un seul de ces critères ne peut donc pas être le seul vrai Dieu auquel Paul fait allusion. C’est pour cela que nous ne pouvons pas accepter l’idée que toutes les grandes croyances et religions ont le même dieu car toutes ne reconnaissent pas l’ensemble de ces critères. 

Et l’un des points majeurs de divergence avec ces croyances et religions concerne surtout la personne de Jésus. Et les différences sont parfois subtiles : l’Islam reconnait notamment l’existence de Jésus mais nie tout ce qui concerne sa divinité et sa crucifixion, c’est-à-dire les 2 points essentiels du plan de rédemption de Dieu pour l’humanité. Car si Jésus n’avait pas été Dieu et qu’il n’était pas mort et ressuscité, l’humanité serait toujours placée sous le jugement de Dieu car ses fautes n’auraient pas été rachetées. Le dieu qui a inspiré le coran ne peut donc pas être le même qui a inspiré la bible. Cela ne fait pas pour autant des musulmans nos ennemis puisque la Parole nous demande d’aimer tous les hommes, mais nous ne pouvons pas , sur le plan de la logique, considérer le dieu de l’islam est le même que le dieu de la bible. 

Comme Paul le rappelle donc dans le verset 13, l’unité que nous devons rechercher est bien celle de la foi et de la connaissance de Jésus-Christ. Il ne s’agit pas de pensée unique mais de foi unique. Dieu ne nous demande pas à tous de penser et vivre les mêmes choses mais de fonder nos vies sur une foi identique venant de la parole de Dieu et sur une relation personnelle avec Jésus-Christ. 

C’est une nuance que nous avons parfois du mal à saisir mais la suite du passage va nous éclairer.

Paul nous dit en effet au verset 8 que Dieu a fait des dons aux hommes. Nous connaissons tous les dons spirituels qui sont décrits dans la première épître aux Corinthiens mais il ne s’agit pas de cela ici. Paul nous dit dans les versets suivants que les dons dont il est question ici sont en fait d’autres hommes qui ont tous reçus des dons spirituels qu’ils ont mis au service de leurs frères et soeurs en vue, comme le dit le verset 12, de l’oeuvre du service et de l’édification de l’église. Nous n’allons donc pas aujourd’hui développer encore une fois les questions relatives au service (diakona) car nous les avons déjà développées à plusieurs occasions. Mais ce que nous pouvons souligner c’est que ces hommes qui ont été donnés à l’église pour son édification n’ont pas tous les mêmes dons : les uns sont apôtres, d’autres ont reçu le don de prophétie… Et lorsque nous étudions la personnalité de certains d’entre eux selon ce que que la parole nous en relate, nous pouvons également découvrir que ces personnes avaient des histoires, des personnalités et des caractères complétement différents et qu’ils n’ont pas eu tous les mêmes rôles dans leur participation à l’édification de l’église.

Nous voyons donc bien que l’unité de l’église n’exclut pas la notion de diversité de ceux qui la composent. C’est finalement là aussi une question de logique. Il serait très étrange que l’église ne soit composée que de gens identiques et qui produisent tous leurs efforts pour le devenir jusque dans les moindres détails. Encore une fois, si Dieu nous a créé tous différents c’est pour que nous conservions nos particularités dès lors qu’elles participent à l’édification de l’église et à la gloire de Dieu. 

L’exemple même de la relation de Jésus avec Dieu le Père peut nous éclairer sur l’attitude de coeur qui conduit à cette unité que nous devons rechercher avec nos frères et soeurs chrétiens. Relisons ce que Jésus disait en Jean 10: 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. 30 Moi et le Père nous sommes un. 

On voit dans cette citation que bien que de nature divine, Jésus reconnaissait pourtant que Dieu son Père était plus grand que lui. Mais tout en affirmant cela, il affirme également dans le verset suivant qu’il ne faisait qu’un avec Le Père. Jésus n’a pas cherché à se hisser au niveau de son père pour affirmer qu’il ne faisait qu’un avec Lui. Il a simplement considéré qu’il pouvait être un avec lui tout en acceptant la supériorité du Père sur lui parce que son Père lui avait révélé sa volonté pour lui et que Jésus l’avait accepté au point d’aller à la croix. Leur unité résidait donc dans une volonté commune et sans contrainte de servir au même plan. 

CONCLUSION 

Pour conclure, nous voyons donc à quel point il est essentiel que nous puisions dans la parole de Dieu la conception que nous nous faisons de l’église et de ce que nous sommes devenus en Christ. 

Et revenons à l’exemple très concret du déroulement du culte que nous avons abordé en partie en introduction. Vous avez pu constater que le dérouelement de nos cultes cette année n’ont pas toujours été identiques. Il y a eu fianelement pas mal de nouveautés. Dieu n’est pas contre ce genre de choses et nous avons eu l’occasion de nous enrichir les uns les autres de ce que chacun de ceux qui ont participé ont eu à coeur de nous faire partager. Et tout cela à la gloire de Dieu. Nous pouvons vérifier dans le nouveau testament que la parole ne fixe aucune instruction sur la façon dont cela doit se dérouler. La bible ne fixe pas de liturgie, c’est-à-dire de règles qui fixent les actes de déroulement du culte mais elle fixe en revanche l’état d’esprit dans lequel un culte doit se dérouler. Elle ne dit d’ailleurs pas non plus qu’il ne doit pas y avoir de liturgie mais elle aborde la question sous un autre angle. 

1 Corinthiens 14:26 ¶ Que faire donc, frères? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. 

Ce qui doit animer chacun d’entre nous doit donc concerner notre désir de nous édifier mutuellement en supportant nos différences. Cela passe bien sûr par la façon dont nous nous préparons avant de venir au culte. 

Alors comment se préparer ?

Nous pouvons déjà prier les uns pour les autres pour que Dieu nous protège et nous amène tous à bon port chaque dimanche matin. Nous pouvons prier pour que Dieu prépare nos coeurs mutuellement afin que les moments que nous allons passer ensemble contribue à notre édification mutuelle et à la gloire de Dieu. Nous pouvons également prier pour que Dieu amène d’autres personnes dans notre assemblée et nous permette de nous utiliser à leur service et comme un témoignage à sa gloire. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous pouvons prier pour préparer le culte. Chacun d’entre nous a sa place et son importance dans ce contexte. 

Réfléchissons-nous également à la façon dont nous allons nous habiller ? Cela aussi revêt une importance. Si je m’étais écouté ce matin et vu la chaleur qu’il fait et la liberté que nous avons en Christ, je serai volontiers venu en short et en tongs. Sur un plan personnel, cela ne me pose aucun problème que quelqu’un puisse annoncer la parole de Dieu dans cette tenue car Dieu regarde au coeur de l’homme, pas à ses vêtements.

Mais je sais aussi que tout le monde ne partage pas mon opinion dans ce domaine et que certains d’entre vous auraient pu être heurtés en estimant qu’il était de mon devoir de me présenter devant vous dans une tenue adaptée aux circonstances. C’est aussi une opinion très défendable et c’est parce que je ne souhaite pas heurter les convictions de l’un ou l’une d’entre vous que je consens cet effort.  

Si Dieu nous demande de croire en sa parole, il nous demande également de la méditer et donc de réfléchir. Josué 1:8 Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras.

La réflexion n’est donc pas exclue de la foi et notre volonté d’être en bénédiction à nos frères et soeurs implique forcément cette réflexion dans un esprit de prières. Nous pouvons prier pour que Dieu nous accorde ou augmente en nous cette sensiblité. 

L’autre question à laquelle ce passage nous amène concerne également les relations que nous avons avec les chrétiens des autres confessions. Car l’unité dont parle Paul ne concerne pas uniquement les relations que nous avons avec les membres de notre assemblée mais avec tous les chrétiens. Où commence et où s’arrête donc notre unité avec ces chrétiens-là ? 

Une première partie de réponse réside dans le fait que le chrétien véritable ne se reconnaît pas au mouvement auquel il appartient mais à ce en quoi il croit. Toute personne humaine qui croit que son état spirituel implique qu’il ait besoin d’un sauveur et qui reconnaît Jésus-Christ comme étant ce sauveur devient chrétien, qu’il fréquente ensuite une assemblée catholique, protestante, orthodoxe, évangélique…et même s’il ne fréquente pas encore d’église. 

A l’inverse, toute personne qui ne croit pas cela au plus profond d’elle même que ce soit en secret ou ouvertement, n’est pas sauvée et n’est donc pas chrétienne quand bien même elle peut être amenée à fréquenter une église catholique, protestante, orthodoxe, évangélique… Nos frères et soeurs en Christ ne se trouvent donc pas forcément que dans les églises évangéliques. Et cela implique que nous devons nous efforcer de supporter avec amour les chrétiens issus des autres mouvements car c’est à cela que le monde connaîtra que nous sommes les enfants de Dieu. 

Et là aussi, il est utile de réfléchir et de faire le tri dans ce qui est important et ce qui ne l’est pas concernant nos différences. 

D’après ce que la parole enseigne, nous avons des divergences théologiques avec le sytème catholique mais cela ne fait pas pour autant des personnes qui composent ces églises des ennemis. Comme dans nos assemblées, il y a dans les assemblées catholiques des gens qui croient et qui sont sauvés. Nous avons donc ce devoir de les supporter avec amour. L’amour ne consiste pas à être d’accord sur tout mais de continuer à s’aimer malgré nos différences voire nos divergences.

Cela nécessite bien sûr de bien connaître la parole de Dieu et comme le dit Paul de dire la vérité avec amour lorsque cela est nécessaire. 

Enfin n’oublions pas que nous serons incapables de réussir tout cela malgré tous nos efforts si nous ne le puisons à la seule source qui puissent nous en rendre capable : Christ. Et relisons pour conclure ce verset magnifique qui exprime si bien cette idée. 

Ephésiens 4:16 C’est de lui (Jésus-Christ), et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité.

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