Archive pour la catégorie ‘Les poèmes de Nadette’

Dans le pré

Dans le pré, au soleil, a l’abri contre le petit mur de pierres,
je mords le pain, le gruyère, et m’étale dans la douce chaleur du matin.
Une lumière rouge, mouvante, vit à travers mes paupières closes
A l’orée du bois, l’herbe souple et mousseuse, encore perlée de rosée,
caresse de son regard l’accueil de toutmon être.

Un rideau d’arbres me cache du hameau le plus proche. Sérénité de la campagne peuplée d’oiseaux.
Au loin, un chien jappe, une cloche sonne, l’herbe bouge, douce sous le souffle de la brise fraîche.
Chaleur tendre et fragile d’où jaillissent les fleurs : tapis bleus des violettes, des véroniques, semis de pâquerettes,
touffes délicates des primevères, éclosions candides, corolles sensibles comme un cœur d’enfant.

Déjà le Printemps fait confiance au soleil. Les arbres grincent doucement balancés par le vent.
Un jour à m’enivrer de lumière. Un jour au soleil, et de tout mon être grand ouvert, à te désirer, te chercher, te
savourer, toi, silence : Sérénité, création, plénitude, richesse inépuisable, comme l’eau de la source coule toujours
nouvelle, en toi je prends naissance, ton charme me saisis, tu me ravis.

Locomotive

Dédaignée, rejetée, révoltée, altérée,… J’étais comme une locomotive sous-pression !
Malaxée par un torrent intense…
Lente et reposée, silencieuse, simplement : j’aime ! Légère de joie douce.
Maintenant, je sais. Je peux enfin aimer sans limites, déborder  d’amour en toute plénitude !

Je peux t’aimer toi et toi et toi, et vous tous et chacun
Même si je ne vous vois pas, même si je ne te connais pas !
Je peux laisser couler ce torrent d’abondance
Amour intarissable , fleuve : coule
Je vous aime tous, et c’est ma liberté !

Quand le soir descend

Quand le soir descend, écoute le silence.
Tu crois que tout dort, mais la terre respire, la vie est abondance.
De mon balcon, chaque lampe est un cœur qui palpite.
Le ciel percé d’étoiles crie son espérance vers le lumière.
Le crépuscule enveloppe chaque être dans sa sécurité.

Car Dieu veille, Il est là ! J’entends Son murmure, je sens Sa présence,
Et mon cœur L’étreint, Lui offrant ce que je sens et ne vois pas.
Le silence, comme la nuit,  abat les limites.
Le silence apaise, il est réception, harmonie
Il ouvre les fenêtres de l’inconnu.
Le silence jaillit en sources profondes.
En lui, je rencontre l’éternité.

Le printemps

Soleil, neige, vent, pluie,
Dansez les dernières feuilles !
L’arbre n’en peut plus de retenir fermés ses bourgeons impatients de vivre.
La vie force, elle veut sortir, éclater en fleurs.

Pas si vite, toute chose doit se faire en son temps !
Le printemps est comme une lampe qui s’allume,
D’abord timide, il faut le chercher.
Il est là, discret, enivrant, dans les caprices du soleil et de la pluie : Giboulées !
Je le sens, le cherche, l’attends comme un être aimé.

Il se cache, s’amuse : ombre et lumière !
Rire d’une nature qui s’apprête.

Dans la haie, les primevères sourient, les coquines !
Les violettes craintives, gentiment parfument.
Les bourgeons gonflent, se gorgent de vie, fremissent de hâte :
Bourgeons charnus des lilas, bourgeons ronds des cerisiers, bourgeons piquants des aubépines.

Un matin, ils craquent, vifs, ardents, aigus, Pointes vertes ou brunes, blanches ou roses.
C’est la fête !
L’aubépine le long du chemin rappelle la neige
Le jaune, le bleu inonde les prés.
Les couleurs éclatent  en douceur, en parfum :
Verts tendres ou crus du bord de l’eau,
Verts des sapins sombres,
Glycines mauves,
Champs roses des fleurs de pêches,
Fleurs de cerises épaisses de blancheur,
Fleurs de pommiers tendres comme une aurore ensoleillée.
  
Même le vieil arbre fleurit !
Et quand en tapis s’étaleront ses fleurs,
En levant les yeux, je verrai les fruits !